31 mai 2007

Jambville

Engouement surprenant. Lui, le paradoxe séduisant, la charmante incompréhension. Humiliation et dévotion. A ce cynisme nonchalent s'ajoutait la grâce du musicien dont les doigts glissent lentement sur les cordes, esquissant à l'aube l'harmonie colorée d'une journée froide. La prairie. S'allonger dans l'herbe humide, sentir la confusion de nos trois châleurs. Et regarder les étoiles. Se prendre pour Ruy Blas ou Hernani. Mais qu'importe si la nature nous a accueilli dans l'orage et la pluie. A l'aversion s'est substituée une admiration craintive et velléitaire. Un attachement honteux. Je me demande maintenant s'il est légitime. Si j'en ai le droit. Durant ces trois jours, j'ai abusé de l'hospitalité de la honte, j'ai logé dans sa maison chaleureuse mais fictive. Quand l'odeur capiteuse de la fierté s'est enfin imposée à moi. L'apparence fut trompeuse, les chemins empruntés tortueux. Insidieux. Je garde de ces quelques jours un souvenir amer. Manger des chips sous la pluie, se complaire à écouter les crissements des chaussures dans la boue. Trembler de froid toute la nuit et attendre avec une impatience infrangible de retrouver ses bras. Après tout, nous nous réchauffions au feu des souvenirs et des espoirs à venir.

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